Grâce à mon amie Nutella, j'ai pu recevoir un livre dans le cadre de "Les matchs de la rentrée littéraire 2013" grâce à Rakuten Group/Priceminister.

Nous pouvions choisir parmi une sélection d'ouvrages littéraires donc.

Pour ma part, j'avais opté pour "Esprit d'hiver" de Laura Kasischke.

esprit d'hiver

 Dans le descriptif, ce sont les mots "le comportement se révèle de plus en plus étrange et inquiétant".  J'aime ce style d'ouvrage où dès le départ, une sensation étrange s'installe. Et je ne fus pas déçue ...

Voici ce qui peut être lu sur la 4ème de couverture de l'ouvrage:

Réveillée tard le matin de Noël, Holly se voit assaillie par un sentiment d'angoisse inexplicable. Rien n'est plus comme avant. Le blizzard s'est levé, les invités se décommandent pour le déjeuner traditionnel. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, habituellement affectueuse, mais dont le comportement se révèle de plus en plus étrange et inquiétant...

« Et si c'était elle, le grand écrivain contemporain ? Laura Kasischke, s'impose, livre après livre, comme la plus douée des romancières de sa génération. » François Busnel, Lire

« Douce et inquiétante, experte en malaise phosphorescent et ouaté, de livre en livre, elle a su bâtir un univers sans pareil, suspendu dans la rêverie aveuglante qui précède toujours le drame, ce moment de flottement où la clairvoyance se débat pour se faire entendre. »
Marine Landrot, Télérama

Mon avis:

Je ne connaissais pas du tout cette auteure et j'ai été agréablement surprise. Dès le départ, avec cette phrase leitmotiv "Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux !", le décor est planté.  Et c'est un huis-clos étouffant qui va se dérouler sur la seule journée de ce 25 décembre. Un tête-à-tête d'une mère avec sa fille, mais finalement un tête-à-tête avec elle-même. Holly deviendrait-elle folle ? Ou bien est-ce ce climat glacial avec la tempête de neige et l'isolement chez elle qui l'amène à se comporter étrangement ? Holly serait telle atteinte d'une forme profonde de psychose maniaco-dépressive ? Les conversations avec sa fille et les appels téléphoniques viennent couper court à son monologue intérieur et à ses analyses de son passé, ses pensées et son vécu du moment.

Ce roman est angoissant. Le suspens de ce qui a pu suivre cette famille depuis la Russie tient en haleine le lecteur.

D'ailleurs, concernant le titre, l'auteure s'est appuyée sur l' "esprit d'hiver" de Wallace Stevens , auquel elle fait référence page 213. Mais on pourrait finalement se demander si le jeu de mots  "esprits divers" ne pourrait pas aussi convenir ...

Bien que certains petits indices amènent à comprendre une partie du dénouement, ce dernier n'en reste pas moins atroce dans les toutes dernières lignes. D'ailleurs, nombreux sont les flashbacks relatifs à l'adoption de Tatiana et à l'enfance de Holly, et une fois le dénouement révélé, je n'ai pu m'empêcher de revenir en mode flashback sur tout ce que j'avais pu lire et retenir de cette histoire étrange. Bien joué !

Le seul bémol est la traduction car il y a quelques petites erreurs. Mais cela n'entrave pas l'ambiance et les émotions qui se dégagent de ce roman.

Je ne connaissais absolument pas Laura Kasischke et pense lire d'autres ouvrages d'elle.

Je remercie Rakuten Group/PriceMinister pour m'avoir permis de découvrir cet ouvrage.

 J'attribue donc la note de 17/20.

Je termine cet article sur le poème "Bonhomme de neige" de Wallace Stevens justement dans lequel l'esprit d'hiver apparaît. Après lecture du roman, les mots résonnent autrement et le petit clin d'oeil à la poésie que Holly aime produire y apparaît:

Bonhomme de neige
Il faut posséder un esprit d’hiver
Pour regarder le gel et les branches
Des pins sous leur croûte de neige ;

Avoir eu froid pendant longtemps
Pour contempler les genévriers hérissés de glace,
Les épicéas, bruts dans l’éclat lointain

Du soleil de janvier ; et ne pas imaginer
De détresse aucune dans le bruit du vent,
Le bruit d’une poignée de feuilles,

Qui est le bruit de l’étendue
Emplie du même vent
Soufflant dans le même lieu nu

Pour qui écoute, écoute dans la neige,
Et, n’étant rien lui-même, ne contemple
Rien qui ne soit là et le rien qui est.